• .Le dragon à ma fenêtre.

    J'ai l'honneur de dormir en tête à tête avec la Lune lorsque l'inclinaison de la maison est favorable et que les nuages ne masquent pas la couleur encre du ciel (qui est un menteur comme l'a si bien écrit Décaféiné). Mais quand la Lune est ailleurs, ou que les nuages la masque de mes yeux, j'ai un dragon à ma fenêtre.

    Je dors rarement, pour ne pas dire jamais, les volets clos. Je dors même la fenêtre ouverte le plus possible. J'aime la fraicheur de la nuit et du matin, sortir de la chaleur des draps réchauffés par nos corps et me réveiller avec le froid de la nuit. C'est une des meilleures sensations à avoir au réveil. Et c'est un plaisir de se réveiller pour mettre un pull durant la nuit et constater qu'il nous reste encore plusieurs heures de sommeil (ou pas).

    Je dors la fenêtre ouverte pour la fraicheur mais aussi pour avoir un contact direct avec la Lune et entendre distinctement les oiseaux dès l'aurore. J'aime me dire que peut-être, durant mon sommeil, la Lune me parle de pleins de choses et qu'elle influe sur mes rêves, qui sait ? Ça poétise mes nuits, c'est le plus important. Mais il y a aussi le dragon, et la femme.

    J'ai la chance de donner sur un jardin, un jardin rempli par des buissons et des arbres qui me regardent dormir. Et parmi ces arbres, il y a un sapin qui, le jour passé, montre enfin sa nature de dragon. Je le regarde souvent, il est de profil, sa tête est immense, il a un côté asiatique. Sa peau ressemble à une armure en fer. Et c'est uniquement maintenant que je fais le rapprochement avec un dessin que je gribouille souvent dans mes cahiers de cours. Mais je ne sais plus si j'ai commencé à le dessiner avant de rencontrer ce dragon, ou après. Je ne sais plus.

    Je m'endors avec un dragon, immense, veillant sur moi. Il y a une femme aussi à ces côtés, qui ressemble énormément à un personnage que j'ai inventé à mes 12 ans. C'est la première rencontre avec ce personnage, physique du moins, matérialisé en dehors des mots. Je ne l'ai pas tout de suite vue, trop concentré sur le dragon. Ce n'est que plusieurs semaines après, j'ai légèrement dévié mon regard, et j'ai vu cette femme. Elle a la même allure maladive que je regrette de lui avoir imposée. Mais elle a un sourire doux, un peu fou, comme ailleurs, qui la caractérise bien. Je sais que je devrai avoir peur, si elle est sous cette forme, de m'endormir alors qu'elle me veille. Mais c'est un être très doux, dans le fond. Je dors bien avec eux.

    J'aime me savoir en hauteur, à un certain étage d'un immeuble, décollé du sol, en vis-à-vis avec les géants à ma fenêtre. Parfois j'éclipse tout et je suis dans les arbres, dans une cabane. Je m'imagine les racines ancrées dans le sol, les troncs se dressant, et enfin ce que je vois lorsque j'ouvre les yeux, à travers la fenêtre. Je suis minuscule et ils sont géants. C'est rassurant. Deux géants de la nature, et parfois la Lune, qui veillent sur moi lorsque je m'endors. Je me sens protégée, minuscule face à eux, et heureuse d'être celle qui doit remercier.

    J'aime remercier. Éprouver de la gratitude.

     

    .Louna Déelle.

     

     .Le dragon à ma fenêtre.    .Le dragon à ma fenêtre.    .Le dragon à ma fenêtre.      .Le dragon à ma fenêtre.                                       

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